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Imagier Il s'agit de travailler
sur la tension entre le réel et l'image ou l'artifice. En visitant
Pierrefonds, se pose immédiatement la question de la spécificité
du lieu, et de son inscription dans l'histoire. S'agissant d'une construction
féodale entièrement reconstruite au XIXe siècle par Viollet-Le-Duc,
nous sommes en face d'un dilemme : nous ne pouvons pas regarder ce bâtiment
comme un exemple d'architecture féodale, et en même temps nous ne
pouvons le considérer entièrement comme une création du XIXe
siècle, tant le désir de copier et de retrouver l'art du Moyen-Âge
est présent. Cependant, ce qui saute aux yeux, c'est l'écart
entre la conception que nous avons de l'art féodal et le château
lui-même, l'écart en quelque sorte entre le vrai Moyen-Âge
et son image, son fantasme, sa représentation dans l'esprit de l'architecte
et dans notre esprit également. Au regard du monument, il apparaît
clairement que le désir de l'architecte de retrouver ce savoir perdu est
à la fois réalisé par l'ampleur de la construction mais est
également une illusion. Impossible d'arrêter le temps, impossible
de retrouver un passé à jamais perdu, c'est le message essentiel
du château qui surplombe de toute sa démesure la vallée. Il
ne s'agit que d'artifice, semblent nous dire les gigantesques tours et les peintures
intérieures. Où se trouve la vie dans ce château qui est
resté semble-t-il sans habitant ? Et nous pouvons ressentir l'espoir
fou de l'architecte d'avoir voulu faire revivre le passé, d'avoir cru à
l'artifice de l'art. Le travail proposé part de cette idée
forte, de cette tension entre le réel et l'illusion à travers l'écart
entre l'objet lui-même, son reflet et son image. Le cube recouvert dans
ses autres faces également de miroir reflète la végétation
et vient se fondre dans le paysage. Il cherche à s'intégrer à
la nature tout en énonçant clairement son statut d'artifice. | |  |