Oui mais nous alors moi je...
Directeur artistique : Martine Roussarie (comédienne)

 

- Mise en scène : Alfredo Fiale
- Adaptation et dramaturgie : Groupe "Oui mais nous, alors moi je..."
- Bande son, lumières, régie : Nicolas Calmels
- Assistance technique : Jean-Louis Duployé et Jean-Jacques Nguyen
- Photographies : Dominique Bouchard
- Jeu : Martine Roussarie


Ce spectacle a été joué :
- en juin 2000 à l'Horloge, Tracy-le-Mont (60170),
- en octobre 2000 à l'Horloge, Tracy-le-Mont (60170).

 

 

Être dans l'arène Au fond du précipice Au bord de l'abîme Le vertige est enivrant. Retour sur soi, vers son moi ? Du fond de ses tripes, gueuler sa colère, sa rage. Ressentir d'ondoyantes écoutes de perçants et curieux regards. L'avant-scène : chuchotements, éclats de voix, rires assourdis, cancannements rythmés, Silence !

Il était une fois… Il était une fois, mais pas deux. Une fois il était : formule magique pour faire naître la parole, les mots, l'histoire : mon histoire, une histoire banale somme toute : celle d'être née pour être là et la raconter. Une tranche de vie. La vie est pleine d'histoire. Il était une fois… Je me suis toujours raconté des histoires. Parlons par exemple… de moi. Il était une fois. Oh non ! Il est une fois puisque l'histoire démarre là, maintenant ! Je le promets pour une fois, je déballe. Après, il faudra bien que je passe à autre chose. je ne peux pas toujours répéter mille et une fois la même histoire. (quoique !).
Ils pensent : elle radote. Oh ! si, je le vois bien. Il y en a au moins un ou une, peut-être plus… Certes, je pourrai me parler à moi-même. Je resterai bien au chaud chez moi et eux, ils en profiteraient pour faire autre chose… mais le théâtre dans tout ça ?
Où en étais-je ? Ah oui ! le théâtre. Justement, j'y viens. J'ai toujours voulu en faire. La preuve ! Toute petite, je me plaisais à répéter, à susurrer, à murmurer, à articuler. Je n'avais nullement besoin d'être sollicitée, cela s'échappait de ma bouche sans que j'y prenne garde. Et puis, à l'école, ce fut terrible et en même temps très encourageant pour persévérer dans ma boulimie de paroles. Quelle bavarde ! toujours punie, cataloguée. La rangée des bavardes. Oui, j'ai connu ça ? Je m'souviens : alignées en rang d'oignons contre le mur. Nous avions le privilège, moi et quelques autres (fort peu nombreuses ma foi), d'occuper un pupitre célibataire (c'est drôle, quand j'y pense, j'en étais assez fière). Les maîtresses pensaient nous humilier, prétendaient nous rendre service. C'est vrai que je leur dois une fière chandelle.
Sortir du lot, être montrée du doigt n'était pas pour me déplaire. Je sortais du lot une fois par an, à la remise des prix : nos bonnes vieilles maîtresses avaient l'idée saugrenue de nous faire réciter une poésie, une tirade devant un public conquis d'avance puisqu'il se composait essentiellement de nos parents tout attendris d'entendre ânonner leurs chérubins. Un bon nombre d'élèves rechignaient à ce genre d'exercice (j'ai remarqué d'ailleurs, que souvent, les meilleurs éléments, les têtes comme on dit étaient en dernière ligne). Et bien, moi, je n'attendais que ça, je jubilais. C'était un vrai régal. Enfin… pouvoir parler, sentir durant un court instant qu'on écoutait plus que vous.
" Mon dieu, mon dieu, la vie est là, simple et tranquille Cette paisible rumeur-là vient de la ville. – Qu'as-tu fait ô toi que voilà pleurant sans cesse, Dis qu'as-tu fait, toi que voilà de ta jeunesse. Verlaine (Sagesse V)". Bien sûr, il y avait les répétitions en classe, devant les copines, la maîtresse qui m'invitait à reprendre, je ne me faisais pas prier. Je me rappelle une fois : j'avais dû être géniale parce qu'elle avait appelé sa collègue pour venir m'écouter…
" Salut bois couronné d'un geste de verdure ! Feuillages jaunissant sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards".
" Trop nulle ! Tu n'es pas retenue pour la remise des prix". Quelle claque j'ai reçu ce jour-là ! Elle me chauffe encore la joue quand j'y pense. Bon dieu qu'elle m'a fait mal ! Ne me sentant plus de joie, j'avais récité avec précipitation, sûre d'avance de séduire mon nouveau public. C'est dur d'être humble quand on s'aime à ce point ? Alors, J'ai appris l'humilité.
L'arrivée de la télévision fut une révélation quant à son pouvoir hypnotique. Je m'amusais à simuler des interviews devant un miroir. Plus exactement devant l'armoire à glace dans la chambre de mes parents. Le miroir est le meilleur public qui soit. Celui-là ne vous fait pas de cadeau. Vous avez intérêt à assurer. Tout dans le visage. Je jouais les mimiques d'une star questionnée. J'étais à la fois l'interviewer et l'interviewée. Je cherchais mes mots, je me plaisais à me trouver des états d'âmes : mélancolique, rêveuse, touchante, rieuse, évanescente. Tout ça dans le plus grand secret, à l'abri des regards, en l'occurrence ceux de mes proches. Je m'exerçais à parler à haute voix, à convaincre, sans nul doute, à me convaincre que j'étais admirée, écoutée, regorgeant d'un talent… fou ! Ce face-à-face se terminait inéluctablement par manque d'argument ou par l'intrusion d'un de mes parents. C'était la honte si j'étais prise en flagrant délire.
J'avais une forte propension à m'apitoyer sur mon sort. Cet apitoiement se ponctuait, se concluait par des larmes déversées à flot. L'exercice lacrymal a commencé très tôt. Le moment le plus propice à ce déferlement humide survenait aux repas. " Ne parle pas la bouche pleine". Parler et manger, voilà bien deux actions qui s'opposent. L'une évacue, l'autre ingurgite et tout cela par le même orifice. " Ne parle pas la bouche pleine !" Longtemps j'ai mis ça sur le compte de la bienséance. Mais après réflexion, je me demande s'il ne s'agit pas plutôt d'une manière détournée d'interdire la parole, la parole libre de l'enfant qui n'a pas envie de manger, d'emmagasiner mais de parler, envie d'expulser, de s'esclaffer. Très jeune, j'avais compris qu'il suffisait de fermer fort les yeux pour que jaillissent les larmes de crocodile. Elles inondaient mes joues. Mon entourage n'était pas dupe. Quelle comédienne ! un qualificatif qui me fut attribué très tôt. Sentence prémonitoire. Cela dit, je vivais ces instants pleurnicheurs très gravement, très sincèrement. Je ne savais pas pleurer sans y croire, oserais-je dire sans m'y croire. Comme j'étais malheureuse !
Mes premiers amours n'ont pas échappé aux torrents de larmes que je déversais seule ou en compagnie. Amour trahi, Amour incompris, Amour conclu. Aimez-moi s'il vous plaît ! Que de larmoiement un peu… trop… lourds je l'avoue. On ne se refait pas !
La Tragédie, le Mélodrame ! Voilà de quoi me nourrir. à l'adolescence, je voulais faire de l'Art dramatique. L'Art dramatique ! J'en avais plein la bouche. à cet âge,que peut-on faire de mieux que de l'Art dramatique ? Les circonstances y ont beaucoup concouru. C'est à cette époque, en effet que mes parents décident de quitter la capitale où je suis née pour aller s'engouffrer dans une cité HLM de banlieue fraîchement construite, sans âme, sans caractère. Certes, nous gagnions en confort, mais pour le coup, l'Art dramatique devenait une nécessité pour ma survie. Quel drame ! un tic, oui ! Je ne sais pas si l'on peut comprendre, saisir ce malaise de se sentir exilée, étrangère, anonyme parmi les anonymes. Chacun dans sa boîte, petite boîte, très étroite. J'étouffais, je n'attendais qu'une chose, pouvoir hurler cette douleur qui vous prend là, qui se bloque là et… les larmes.
Seize ans, bac philo, littérature, les grands poètes, la psychanalyse – ça me travaillait furieusement. il fallait que je sorte de ce tunnel (même si j'y déambulais avec un plaisir masochiste) – L'Art dramatique ! Où m'adresser ? La ville dans laquelle nous venions d'emménager, comme toute ville communiste qui se respecte, offrait à la jeunesse des tas d'activités… sportives mais de l'art dramatique que nenni ! Qu'importe, je questionnerai, je fouinerai, je trouverai. Je n'étais quand même pas la seule dans cette cité à désirer faire du théâtre. Direction la mairie, service des affaires culturelles. Ben oui, il existait bien !
– Bonjour Monsieur, peut-être pourriez-vous me renseigner ? Existe-t-il un cours d'Art dramatique sur la commune ?
– Non, il n'y a pas de cours de théâtre, mais… (et ce mais vindiou qu'il me fut doux à entendre) … je connais quelqu'un qui a donné des cours il y a quelques années. Il pourrait sûrement vous aider.
J'étais amère tout de même en quittant cet homme, car maintenant il fallait voir la réalité en face : il n'y avait pas de cours d'Art dramatique à Gennevilliers. Des cours de judo, de danse, de gymnastique, de basket, de foot… oui. Dois-je poursuivre plus avant ce discours ? N'y-a-t-il pas quelque lassitude à écouter l'histoire d'un être parfaitement narcissique dont l'ego grossit au fil de la parole qui n'a de cesse de continuer à prolonger une tirade, que dis-je, une conversation, pardon ! un monologue (soyons justes !). ça, j'en conviens quel pied !
Parler seule pendant un certain temps (temps incertain ?) sans que personne ne puisse en placer une (parole !). Parole échappée, inventée, transformée, arrachée. Parole d'honneur, parole lâche, parole grossière, inachevée. Parole en l'air, parole d'homme et pourquoi pas de femme ? Parole avare, parole aimable, parole innocente, parole accablante, parole au vitriol, parole déformée, parole dans le formol, parole tendre, parole aimante, parole gémissante mais aussi… parole inaudible, incompréhensible, intraduisible, parole revigorante, parole solennelle… il ne lui manque plus que la parole, ma parole !
Les paroles s'écoulent comme un ruisseau. Elles se tarissent parfois… Demoiselle allons voir si la rose Qui ce matin était éclose, Que je pose un doux baiser sur votre bouton rose. Osez mamie, vous reposer un instant, Que je dépose sur votre corps ardent, Ces pétales de roses encore humides et frais de rosée et de vent. Sous les ponts de Paris coule la Seine, sur ma langue vibrent les mots. Je suis telle une jacassière. Ne jamais interrompre ce flot de paroles folles. Si d'aventure, mon bel amour, belle âme qui me hante, qui me désarme, accroît mes larmes de jour en jour : j'implore en pleurs l'alarme. Babil infatigable, lancinant, redondant… Va, je ne te hais point, parole sournoise. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes : susurrantes paroles, sensibles, assourdissantes, sinueuses, savamment agencées. Percer le mystère de ces sons modulés, habilement habillés. Je parle mais je m'égare…
Rester sans voix… Parler pour ne rien dire c'est toujours parler contre vents et marée. Parler à qui mieux mieux. Ah ! je parle pour retarder le silence, silence de plomb, lourds de paroles étouffées. Retarder encore et encore le moment de mourir, de s'éteindre.
Qui se cache derrière les mots ? Une tête, un ventre, un corps. Les mots ne sont pas aussi innocents qu'ils le prétendent : point final. Final, tel un couperet, comme c'est horrible. Non, virgule, ouvrez les guillemets, voilà qui est plaisant, le temps d'une respiration et la bouche se remet en mouvement. Point d'exclamation, point de clameur, points de suspension… Voilà ce que j'aime, en suspension, en attente, en devenir, le temps de reprendre son souffle, le temps d'entamer une nouvelle tirade…
Où en étais-je ? Oui, donc me voilà sur une piste. " Je connais quelqu'un qui pourrait vous renseigner". Ce quelqu'un, je me décide à le rencontrer. Oui, il occupait le poste de discothécaire municipal, dans un sous-sol. Son bureau se trouvait au pied d'un escalier fort pentu. La première chose que je vis en descendant cet escalier, fut un crâne chauve luisant sous l'effet de la lumière artificielle. Il écrivait, il écrit encore. Perturbé par mon arrivée, il releva la tête. Impressionnée, tétanisée, vacillante, j'osais " Bonjour monsieur, on m'a dit que vous sauriez me renseigner sur des cours d'Art dramatique". Tout en disant cela, je me suis sentie comme nulle, j'aurai voulu me cacher dans un trou de souris, disparaître, n'avoir jamais ouvert la bouche. " En effet, je faisais cela, maintenant ce cours n'existe plus…". A-t-il remarqué le désarroi sur mon visage ? " …mais (encore un que je n'ai pas oublié), si vous le souhaitez, vous pouvez assister aux répétitions de la troupe que je dirige aujourd'hui. Nous répétons à 20h30 les mardis à la salle Youri Gagarine". Logique.
J'avais 16 ans. Je ne le savais pas encore, mais tout allait pour moi basculer, j'allais à la découverte de moi-même. J'avais rendez-vous avec le Théâtre. Il n'allait plus me lâcher, je ne voulais plus le quitter. Mes yeux n'allaient plus voir le monde de la même manière, ma voix allait apprendre à extirper, à expulser, à revendiquer une parole, à la faire mienne. Répéter, reprendre, chercher le ton juste, non, l'émotion sincère au plus profond de soi. Aller chercher l'intention, expulser le cri, la note vibrante, celle qui résonne juste. Il n'y a pas de règle. Elle survient quelquefois sans qu'on y prenne garde. Le plus dur reste à faire. Retrouver cette spontanéité à chaque reprise, l'offrir intacte, comme neuve. C'est ce travail-là qui est passionnant. Le plaisir réside dans la sensation toujours renouvelée. Il n'y a pas de règle. Si l'émotion peut arriver sans tambour ni trompette, elle peut aussi être très difficile à naître. D'où la nécessité de parler, de beaucoup parler, tenter de cerner les intentions du metteur en scène. Il est le meilleur interlocuteur, il aide à accoucher, il guide l'acteur vers des terrains inconnus, il le pousse à trouver la parole vraie. Il construit l'édifice de sa mise en scène pierre à pierre. Cette construction se mêle de souffrances et de plaisirs, de rires et de pleurs, d'aveuglement, d'entêtement, d'incompréhension, de refus inconscient mais également de trouvailles, de certitude d'avoir trouvé l'essence de la parole. L'énergie déployée est immense.
Répéter un mot 10 fois, 20 fois, 1000 fois comme si c'était la première fois qu'on le prononçait, ça demande une grande concentration, il faut en vouloir.
" Accrois, ombre, d'un pas !" Quel souvenir ! S'entendre dire : Reprends. "Accrois, ombre, d'un pas ! " Reprends. "Accrois, ombre, d'un pas !" Reprends… et ne pas aboutir au contentement de celui qui vous dirige. C'est un cauchemar que l'on sent bien réel.
Dans ces moments de crise s'instaurent des rapports très ambigus. Le metteur en scène est Dieu le père, le tortionnaire, le bourreau, le rocher contre lequel on se heurte. Tout est dans la tête, bien sûr. C'est une relation douloureuse, que je sentais néanmoins nécessaire. Inconsciemment, l'acteur refuse d'être là, à l'endroit désigné, il s'absente, s'annule, ni vu, ni connu, j't'embrouille. Fainéantise ? J'en doute.
Jouer, c'est bien s'impliquer dans le moment présent, ici et maintenant. Il faut y croire, ne jamais fléchir, toujours présente. Prendre la parole n'est pas parole donnée.
Longtemps, je fus silencieuse au cours comme s'il me fallait économiser, soustraire à l'oreille d'autrui toutes mes âneries, ma maladresse à trouver les mots justes pour me faire comprendre comme si la parole était un joyau, une pierre précieuse à découvrir. Ne dit-on pas de certains mots qu'ils sont comme des rubis ?
Parole volubile du rien, du vent, du peu. Si j'ai été longtemps muette, c'était pour mieux me nourrir par tous les sens de ce que je découvrais de l'univers du Théâtre. On ne vous donne pas la clé d'emblée, il faut savoir laquelle sera la bonne. Chacun a la sienne, par bonheur. Et puis, il faut avoir envie de trouver sa clé, avoir envie d'entrer dans cet univers. Plus tard, on y entre et on en sort quand on veut. Les chemins qui vous y mènent sont infinis, semés de fausses pistes, de pièges, de nébuleuses sentes, de tortueux chemins, de murs blancs. La ballade est solitaire, absolument solitaire. à chacun sa route. Ce n'est pas un chemin de croix, la souffrance n'écorche pas les pieds mais envahit l'âme. Je ne comprenais pas tout ! Qu'importe, le mystère me donnait l'occasion d'être plus entêtée que jamais.
Faut-il être étrange ou quelque peu dérangée pour trouver son plaisir dans l'interrogation de l'être ?
Alors oui, je suis allé à la salle Youri Gagarine chaque mardi, puis chaque vendredi à 20h30. Jamais je n'ai raté ce rendez-vous ; cela a duré plus de 12 ans. Au début mes yeux, mes oreilles s'emplissaient d'un émerveillement toujours renouvelé. Pour rien au monde je n'aurais abandonné cet enseignement. à la manière d'une novice, j'entrais dans les ordres. Mais quel plaisir ! Que dis-je, quelle jouissance que de percer le mystère du jeu d'acteur.
Bientôt, l'heure sonna pour moi de traverser ce miroir, de n'être plus spectatrice, mais actrice. Acter. Vivre l'émotion de l'intérieur, devenir la machine parlante.
J'ai fait un long voyage depuis ces années et l'exploration se poursuit encore aujourd'hui. Que cherches-tu ? Quelle est ta quête ? Que manigancent tes pensées dans ta tête ? Silence, absence…
Que veux-tu ? Quel est ton désir ? Les mots se superposent, s'emmêlent dans ta tête. Silence, absence… Qui te hante ? Par quel enchantement as-tu perdu la tête ? Je, j'aimerai, je sens, je guette. Quelle souffrance te torture l'esprit ? De quel vague-à-l'âme t'es-tu entichée ? Quelle raison te pousse à te taire ?
Accrochée aux valeurs auxquelles je crois, je perds cette raison en regardant le monde. faut-il parler pour rompre le silence ? Faut-il signaler qu'on est là pour rassurer son monde ? Le silence apparent est l'écho de mes éclats de voix qui assourdissent ma tête.
Battements, tape, tape, top, tape, tape, top. Pincements d'effroi, pince, pince, pense, pince, pince, pense. Trépidations, trappe, trappe, tripes, trappe, trappe, trip. Le cœur s'affole, il bat la chamade, le cœur s'emballe ; garde la tête froide. L'entrée en scène, franchir l'autre temps, quitter l'obscurité pour entrer dans la lumière. Lâcher derrière soi le masque, se démaquiller, passer, outrepasser, se dépasser…
Alors battements réguliers, avancer, avancer comme si la marche était longue, happer l'écoute, le souffle, envahir l'espace, insuffler la vie, agiter la mémoire, apostropher, éclabousser tels ces postillons visibles ou invisibles semblables à mille étoiles éphémères filant dans les rais de lumière ajustés juste pour vous. Le cœur se calme maintenant ou plus exactement, il vibre selon votre souffle, dompté malgré lui.